On le prenait régulièrement pour un membre oublié de la famille Baldwin. “Parfois, je laissais dire”, avoue-t-il, amusé. Modestie, autodérision ou lassitude ? En tout cas, depuis trois ans, plus aucun doute : tout le monde sait qui est Anthony LaPaglia, alias Jack Malone, agent spécial à la tête du service en charge des personnes disparues. Quelques questions alors qu'arrive la troisième saison sur nos écrans.
Comment vous êtes-vous lancé dans ce métier ?
J'ai commencé ma carrière par accident… à cause d'une fille, plus exactement. Je travaillais dans un magasin de chaussures et une vendeuse voisine me plaisait énormément. Elle a accepté de sortir avec moi à condition que je l'emmène au théâtre. Je n'y avais jamais mis les pieds. A cette époque, je ne savais pas du tout ce que j'allais faire de ma vie. Cette soirée au théâtre a été une véritable révélation : voilà le métier que je voulais exercer !
Avant FBI…, vous vous étiez illustré autant au théâtre, qu'au cinéma (Lantana) ou à la télévision (Murder One). N'est-ce pas trop dur de passer ainsi d'un médium à l'autre ?
Je ne fais pas tellement de différence entre les trois. Pour moi, en tant qu'acteur, ce qui prime, c'est la qualité des histoires, si celles-ci vont être touchantes, drôles, intelligentes… De toute manière, tout finit plus ou moins par passer à la télé. J'aime particulièrement le rythme soutenu de travail qu'impose une série, même s'il est épuisant. On n'a pas le temps de s'ennuyer entre les prises. Sur FBI, par exemple, nous tournons entre 8 à 9 pages de script par jour. C'est énorme ! D'autant que certaines scènes sont réécrites à la dernière minute. Mais, depuis trois ans, j'ai pu acquérir une certaine expérience, une certaine aisance.
“J'ai commencé ma carrière par accident… à cause d'une fille, plus exactement.”
Selon vous, qu'est-ce qui fait que votre personnage plaît autant au public ?
En fait, je ne sais vraiment pas pourquoi le public apprécie Jack Malone : je fais tout pour le rendre antipathique (rires) ! Il lui arrive d'être désagréable, bougon ou, pire, extrêmement maladroit avec les familles des victimes… Il est loin d'être parfait. Je me dis que, finalement, c'est peut-être pour cela qu'on l'aime bien. C'est un héros à visage humain. Il a fallu que j'impose cette interprétation. A jouer, c'est plus motivant ; et à regarder, plus intéressant. Certains épisodes de FBI peuvent avoir un côté un peu procédurier, c'est-à-dire sec et linéaire. C'est à chaque acteur de trouver un moyen de pimenter son personnage.
Quelle est l'ambiance sur le plateau ?
Nous formons une équipe très soudée. Il nous arrive de nous retrouver de temps en temps après les journées de tournage. Et puis, il n'y a pas le moindre problème d'ego, nous sommes bien trop occupés à dire nos répliques correctement…
France 2 diffuse actuellement la troisième saison de FBI… où votre personnage traverse une période plutôt sombre. Y a-t-il un épisode que vous recommandez plus particulièrement ?
Sans hésiter, je dirais : John Michaels. Je ne veux pas trop dévoiler l'intrigue. Tout ce que je peux dire c'est que Jack Malone enquête sur la disparition d'un personnage de 71 ans… qui lui ressemble très très étrangement. La série, qui est d'habitude très rationnelle, vire soudainement à l'ésotérisme. On se croirait dans Blue Velvet. Ça m'a énormément plu.
Source: France 2