Après une carrière plutôt ciné, Anthony LaPaglia fait une première incursion réussie dans le monde des séries avec le rôle principal de "FBI : Portés disparus" en 2002. Un rôle qui a mis cet acteur discret sous les feux des projecteurs.
Grâce à "FBI : Portés disparus", vous êtes devenu une figure de proue de CBS et vous êtes probablement plus exposé que jamais de votre carrière. Y a-t-il des inconvénients à cela ?
Non, pas vraiment. Mais j’ai pris la décision de faire une série tard et j’ai eu l’occasion de faire des trucs géniaux avant, plus tôt dans ma carrière. J’ai fait beaucoup de théâtre, de films et un peu de TV, bref plein de choses différentes. Donc, non seulement je n’ai pas le sentiment d’avoir manqué quoi que ce soit, mais en plus, j’ai pu profiter du meilleur sans avoir à faire de choix. L’air de rien, j’ai eu beaucoup de très bonnes expériences, beaucoup plus que bien des acteurs. Mais le fait est que, dans ce métier, il faut participer à un film qui rapporte cent millions de dollars en un week-end, peu importe qu’on soit bon, mauvais ou passable, pour être une star. Mais si le film ne marche pas, alors on a échoué aux yeux de la profession. Et on n’a aucun contrôle là-dessus.
La série parvient très bien à équilibrer les enquêtes et la vie personnelle des agents...
Oui, nous travaillons beaucoup à maintenir cet équilibre. La formule prévoit en gros 80% d’enquête et 20% de vie personnelle et on essaie de s’y tenir pour éviter de dégager une froideur clinique. Montrer que l’un des agents est affecté par l’affaire d’un point de vue personnel ou est personnellement impliqué dans l’enquête permet au public de se sentir plus concerné. Personnellement, j’aimerais qu’on accentue les histoires personnelles en en mettant 50%, mais ça ne marche pas. La série est ainsi construite qu’il faut consacrer un certain temps aux histoires des personnes disparues pour qu’elles fonctionnent. Elles deviennent trop schématiques si on ne donne pas assez de détails.
Quelle est votre influence sur le personnage que vous jouez ?
Il n’était pas question pour moi que je me contente de me pointer, me mettre dans les marques et dire mes répliques, et les auteurs sont très ouverts là-dessus depuis le début. Je ne pourrais pas faire une série si je n’avais pas la liberté d’aller voir les scénaristes et de dire ce que j’aime ou ce que je souhaiterais et proposer des idées. Il m’arrive de penser à des choses auxquelles ils n’ont pas pensé. On a développé un véritable échange avec les auteurs et les acteurs ont plus de liberté que sur beaucoup d’autres séries. S’il y a une scène dont on pense qu’elle ne marche pas bien, on peut la changer. Même les guest-stars ont droit à leur opinion : si un acteur a une meilleure idée, elle est intégrée à la série. C’est un procédé démocratique. Je n’ai pas fait tellement de TV, donc ça me paraît normal, mais on m’a dit que ce n’était pas très courant.
Après le cinéma, la TV vous donne t-elle l’impression d’un travail routinier et un peu fastidieux ?
Ce sont des défis différents, d’autant plus qu’on me permet de m’impliquer dans tous les aspects de la production, depuis le développement du scénario avec les auteurs jusqu’au montage dans ses différentes versions. J’essaie d’en apprendre sur tout le processus. Cela crée un pont entre acteurs, producteurs et auteurs qui permet d’être sur la même longueur d’onde et de s’entraider.
Êtes-vous satisfait de l’orientation de la série, cette année ?
Très, je trouve que ça va dans la bonne direction. J’ai l’impression que les épisodes deviennent plus intéressants, les scénarios sont plus forts et apparemment, cela se voit dans les scores d’audimat, qui, s’ils ont toujours été bons, sont encore meilleurs maintenant. Or, c’est inhabituel pour une série arrivée en quatrième saison de voir l’audience continuer à monter, alors je suis ravi.
Est-ce qu’il arrive que les scénaristes vous disent de vous éclater parce qu’ils vont secouer un peu tout ça ?
Oui. Lors d’un épisode, nous avons abandonné toutes les conventions et pas mal d’orgueil, nous avons pris des risques et, dans l’ensemble, ça a bien marché, je crois. A tout le moins, c’est intéressant, surtout sur un network parce que finalement, ils nous laissent faire pas mal de choses.
Avez-vous déjà eu envie de réaliser un épisode de la série ?
Non, je n’en ai pas du tout envie. Pourquoi faire ? Je passerais éventuellement à la réalisation si un film me tenait particulièrement à cœur et que je sois prêt à y consacrer deux années de ma vie, mais je ne vois pas l’intérêt de réaliser un épisode de série TV, parce qu’à la fin, on vous le prend et les chaînes, producteurs, etc. font ce qu’ils veulent.
Source : Séries TV juin-juillet 2006